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LES SALINES DE BOURGNEUFLA GABELLE
Au XVlème siècle, le commerce du sel fait la prospérité de Bourgneuf. Le port du Collet arrive à accueillir plus de 200 navires en même temps :les plus gros restaient au large et les autres se répartissaient dans les nombreux ports autour de la Baie : le port Ouriol, l'lllette et Millac, dans les marais de Saint Cyr, le port de Loyau, dans ceux de Machecoul, les Prés du Port et Port La Roche.
Bourgneuf était un port international, il accueillait des bateaux hollandais, allemands, flamands, anglais...
Les salines de Bourgneuf atteignent leur extension maximum en 1771 avec 60 000 a.

LA GABELLE
Le mot «Gabelle» vient de l'arabe «Kabala» qui veut dire «impôt».
II a d'abord été un terme très général s'appliquant à toute espèce d'impôt: il y a eu une gabelle des vins, une gabelle des draps, etc...; mais de bonne heure l'habitude fut prise de l'appliquer seulement à l'impôt du sel qui a eu pendant toute la durée de l'Ancien Régime une importance capitale et toujours croissante dans notre histoire fiscale.
- en 1646,
le bail Datin dépassait un peu 13 millions.
- en 1687,
la gabelle figurait pour presque 24 millions.
- vers 1771,
elle était comprise pour 47,5 à 58,5 millions (dont 40 pour
les grandes gabelles).
La gabelle était perçue
sous l'Ancien Régime par les fermiers généraux.
LE RÉGIME DES GABELLES
| 1 - Le prix du sel était fortement taxé
(20 fois son prix) et la consommation d'une certaine quantité de
sel y était obligatoire; c'est le «sel du devoir» réservé
seulement "au pot et à la salière", le sel destiné
aux salaisons étant tout différent.
2 - L'impôt atteint 5 à 10 fois la valeur du sel; les habitants peuvent acheter aux greniers de leur choix la quantité qu'ils désirent. 3 - La taxe atteint 5 fois le prix de la marchandise et la consommation est imposée. Ces pays étaient ainsi nommés parce qu'ils tiraient leur sel, non pas des marais salants, mais des salines de Franche-Comté et de Lorraine. 4 - La gabelle y fut supprimée par Henri II moyennant une lourde indemnité. La consommation des gens était limitée et l'approvisionnement devait se faire dans des greniers désignés. 5 - Les pays de «Quart Bouillon» : ce nom venait de ce que les sauneries de ces pays, où l'on faisait bouillir un sable imprégné d'eau de mer, devaient remettre gratis dans les greniers du Roi un quart de leur fabrication. 6 - Les Pays Francs ne payent pas de gabelle. La Bretagne bénéficie d'un régime spécial depuis le traité passé en 1491 entre Charles VII et la duchesse Anne de Bretagne. Le Pays de Retz est donc exempté de gabelle. |
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LA CONTREBANDE ou "FAUX SAUNAGE"
Était considéré
comme «faux-saunier» celui qui transportait du sel pris ailleurs
que dans les greniers du roi, celui qui fabriquait du sel en volant de
l'eau de mer, celui qui ne consommait pas tout le sel du devoir, enfin
celui qui recelait du sel ou aidait les "faux sauniers".
Pour empêcher le sel de passer
clandestinement de zone franche en pays de Grande Gabelle, il y avait une
armée de "Gabelous", à pied, à cheval ou en bateau.
Les contrebandiers utilisaient toutes
sortes de moyens pour passer du sel en fraude : pièces de bois creusées
des charrettes, tonneaux à double fond, chargement de sel dissimulé
dans des tombereaux de goémon ou sous des fagots, petits bateaux
pouvant changer le gouvernail d'extrémité qui remontaient
les étiers et repartaient sans aucune manoeuvre.
En Baie de Bourgneuf, les faux sauniers
ont toujours été en grand nombre (hommes, femmes, enfants)
malgré les peines très sévères édictées
contre eux. Ils dressaient notamment des chiens à faire la contrebande.
A Saumur existait une juridiction
spécialisée dans les crimes de «faux saunages».
Les peines encourues étaient sévères : amendes lourdes,
fouet, galères, marquage au fer rouge d'un «G».
L'impôt sur le sel fut aboli
par décret du 1er décembre 1790. Quand la gabelle fut supprimée,
les gens ne furent pas tous satisfaits.
Bien des gabelous furent licenciés.
Les nombreux faux sauniers n'eurent plus de travail.
C'est peut-être pour cette raison
qu'on en retrouvera beaucoup dans la "chouannerie" et l'armée catholique
et royale.
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Etant informés que les habitants du pays de gabelle qui demeurent aux frontières de Bretagne mettent tout en oeuvre pour commettre impunément le faux saulnage, qu'ils se servent à cet effet de chiens, lesquels sont amenés accouplés comme une meute et remis aux habitants d'accord avec les faux-sauniers qui les retirent et les enferment plusieurs jours sans leur donner à manger et après avoir attaché à leur col 12 à 15 livres de sel, enveloppé et roulé dans des sacs de toile étanche, les lâchent la nuit, que ces chiens, pressés par la faim, ne manquent jamais de retourner chez leurs premiers maîtres avec leur sel par la même route détournée et les sentiers cachés par lesquels leurs maîtres ont eu soin de les faire passer. En conséquence, et pour ces raisons, enjoignons à tous ceux qui ont de ces chiens, de s'en défaire sous huitaine; permettons de faire procéder à des visites dans les maisons pour dresser procès-verbal. De par le Roi Signé : Phelippeaux
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Voir aussi à ce sujet
l'exposition
sur le sel
qui vient de s'achever au musée...
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