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LE CHEVAL MALLET (Plusieurs appellations: MERLET - MERLETTE - MARLETTE)
Le mystère du Cheval
Merlette fut imposé en 1712 à la commune de Saint-Lumine
de Coutais en compensation des avantages retirés par le creusement
du canal du village de Messan à la Loire.
Les règles de cette célébration
étaient bien établies:
"Le Cheval Merlette avait un
trou dans lequel s'introduisait l'acteur chargé de lui donner le
mouvement."
Les anciens marguilliers transportaient
"Merlette" chez les nouveaux marguilliers, le jour de la Pentecôte.
Ils étaient accompagnés dans cette démarche par neuf
parents ou amis revêtus de dalmatiques ornées d'hermines noires
et de fleurs de lys rouges. Les accompagnateurs avaient des rôles
bien définis, l'un tenait un bâton ferré des deux bouts,
deux autres portaient des flamberges avec lesquelles ils ferraillaient.
Devant le cheval, deux sergents de la juridiction portaient des baguettes
ornées de fleurs; l'ensemble était accompagné au son
des vèzes et de cornets à bouquins.
La veille de la Pentecôte,
le cheval était installé dans le banc du seigneur pendant
la messe du jour. Après celleci on allait le chercher pour lui faire
faire trois fois le tour de l'arbre qu'il embrassait à plusieurs
reprises, le tout étant accompagné de nombreuses cabrioles.
Ensuite c'était un repas
offert par les marguilliers aux notables de la paroisse.
Venait l'heure des Vêpres.
Après l'office c'était le moment attendu par certains avec
joie, par d'autres avec crainte.
Merlette faisait 9 fois le tour
de l'arbre, l'embrassait tous les trois tours, au milieu des rires de l'assistance.
Puis les sergents imposaient le silence. Alors le porteur du bâton
ferré (c'était souvent le sacristain, chargé de l'état
civil à l'époque) commençait une chanson raillant
les travers et les faits scandaleux qui s'étaient passés
dans la paroisse.
Après cette cérémonie,
Merlette était à la charge des nouveaux marguilliers jusqu'à
la Pentecôte suivante.
Le district de Machecoul craignant
sans doute la satire de cette festivité, et peut-être surtout
par peur d'un rassemblement qui aurait pu dégénérer,
a décidé le 25 mai 1791, d'interdire le "cy-devant droit
seigneurial connu sous le nom de Cheval Mallet". Le 11 juin 1791 on proclama
la saisie des "vêtements, ustensiles et instruments servant à
l'exercice du jeu connu en la dite paroisse sous le nom de Cheval Mallet
ou Merlet".
Depuis 1988, des habitants de
la Commune de Saint Lumine de Coutais cherchent à faire revivre
cette ancienne coutume.
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