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FRESNAY pendant la Révolution


    Fresnay fait partie de ces petites communes qui ne comprenaient pas toujours ce que voulait CHARETTE mais prit bel et bien fait et cause pour son armée et celle de ses lieutenants, avec un personnage essentiel, LA ROCHE SAINT ANDRÉ.
    Fresnay: une population rurale qui aime bien ses «Messieurs».
    Fresnay qui va se soulever spontanément - comme tout l'ouest - le 11 mars 1793 contre la République.
    Ses paysans en révolte vont attaquer Machecoul, à 6 km, aux côtés de ceux de St-Philbert, St-Étienne de Mer Morte, La Limouzinière, St-Même, Ste-Pazanne et même St-Hilaire.
    Fresnay qui verra une étrange escorte dans l'après-midi du 26 mars 1793: par le chemin de Machecoul à Bourgneuf arrive en effet une troupe de gens de campagne, armés pour la plupart de faux, de fourches, de couteaux de pressoirs, de bâtons ferrés, de simples gourdins ou, plus rares, de fusils.
    Au milieu d'eux, sur un petit cheval de chasse : le chef de la troupe, un homme jeune encore, qui porte sur la tête un foulard blanc, surmonté d'un chapeau à larges bords, orné d'un plumet blanc: le chevalier de CHARETTE, que les gars du pays de Retz sont allés chercher à La Garnache pour les commander. II se rend à Pornic pour chasser les Bleus. Pornic que le marquis de Saint André avait déjà attaqué et dont il s'était rendu maître, mais où il fut surpris par les Républicains alors qu'il fêtait sa victoire le 23 mars 1793. La Roche Saint André dut son salut à un Pazenais mais, mal accueilli à Machecoul, il devra s'échapper et se réfugier dans l'île de Bouin.
    CHARETTE traverse donc le bourg de Fresnay, salué par les habitants qui le considéraient comme un libérateur. II avait d'ailleurs parmi ses hommes un certain nombre d'habitants de la commune.
    CHARETTE réussira dans son entreprise et, le 28 mars, traversera à nouveau Fresnay triomphalement, emportant avec ses troupes une grande quantité d'approvisionnements et de munitions ainsi qu'un canon à pierre pris sur les Pornicais.

    Fresnay et son château: le château de la Salle qui connut de nombreux seigneurs. Nous trouvons la trace du premier propriétaire en 1368, Roland de la Salle. Laillé en dresse la liste dans son livre «Autour du clocher», écrit en 1928.
    En 1784, le château fut acquis par la famille Cebert dont les propriétaires actuels semblent être les descendants. Durant la période 1719-1784, les seigneurs furent les de La Roche Saint André. Le château sera détruit en partie en l'année 1793 par un incendie, tout comme l'église d'ailleurs.

    Dès le début, les habitants de Fresnay se montrèrent réfractaires aux idées nouvelles et les Républicains n'avaient pas en haute estime ces gens de Fresnay dont un commissaire du Directoire exécutif du Département de Loire-Inférieure écrivait qu'il ne pouvait «y compter un vrai patriote». Commissaire qui refusa d'aller sur les lieux dresser les contributions: «...comme tous les patriotes sont mal notés dans cette commune, et que je ne suis pas ennuyé de vivre, je vous préviens que je suis décidé à n'y pas aller...»

    Les habitants de Fresnay vont en effet se jeter dans l'opposition et prendront part en grand nombre à la Guerre de Vendée, furieux de voir la Révolution s'attaquer à leurs croyances. Nombre d'entre eux seront d'ailleurs arrêtés, voire exécutés ; la liste serait longue. Citons tout de même:

François Ollivier, le maire, arrêté le 25 avril 1793 puis relâché après les protestations des habitants.
Le 28 germinal an II, arrestation des trois soeurs Ollivier au village de la Monerie (aujourd'hui l'Aumônerie).
Le recteur arrêté le 1er juillet 1791.
Le 14 thermidor an VI, perquisitions infructueuses à quatre heures du matin, par contre une expédition une nuit plus tard permit aux gardes nationaux de découvrir une proclamation de Louis XVIII chez Pierre Boutet et d'arrêter ce dernier.
Arrestation enfin de François Boucard qui avait lui aussi eu un grade dans l'armée de Charette, le 14 ventôse an VI (sur dénonciation)...
    Liberté, égalité, fraternité, trois mots qui, on le voit, n'ont pas eu à Fresnay l'impact que les révolutionnaires entendaient leur donner.
D. Lafontaine

 


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