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Les bateaux armés de la Loire

et la fonderie de canons d'Indret


    Dans notre région, jusqu'en 1789, existe une organisation de police fluviale pour combattre la contrebande de sel entre la Bretagne et l'Anjou. A partir de 1793, pour assurer la libre circulation sur la Loire, particulièrement des convois de farine et de blé, et empêcher le passage d'une rive à l'autre, il devient nécessaire d'installer une flotille armée.
 
    En avril 1793, un Comité de navigation est créé à Nantes et quelques bateaux (chalands, gabares) sont achetés, modifiés pour être à l'épreuve des balles et armés de canons. Par la suite d'autres seront construits. Le département recrute les équipages, la Marine fournit les officiers et les canonniers, les communes donnent souliers et uniformes. Si en amont de Nantes jusqu'à Angers (Loire fluviale) les bateaux armés sont à fond plat, dans la Basse-Loire (Loire maritime) ce sont souvent des navires hollandais (flûtes et galiotes) retenus à Nantes à la suite de la déclaration de guerre avec les Pays-Bas. Les équipages sont des matelots de profession avec quelques volontaires marins de la Garde Nationale.
    Ces bateaux armés escortent les convois chargés montant et descendant le fleuve et ils font des rondes jour et nuit; sur la rive en face du point de stationnement de chaque canonnière est installé un petit fortin avec des fossés et des canons.

Les bateaux armés dans la bataille

    Au début, le manque d'organisation explique qu'après le siège de Nantes (29 juin 1793) et la défaite de Cholet (octobre 1793) les Vendéens traversent la Loire sans résistance.
    En décembre 1793, par contre, les canonnières fluviales détruisent presque tous les radeaux, construits avec des barriques et des planches, des Vendéens qui veulent rentrer au pays après la déroute du Mans.
    En aval de Nantes, les navires étrangers ne cherchent pas à remonter le fleuve et les bateaux armés interviennent rarement. Après la déroute de Savenay quelques fuyards vendéens sont pris et exécutés.
    Au début de 1794, TURREAU organise ses «colonnes infernales». Celle qui suit la Loire au sud est flanquée par les canonnières qui soumettent la rive à un très fort bombardement: «On ramassait les balles et la mitraille à pleines mains sur les îles» écrit l'abbé ROBIN de la Chapelle Basse Mer. De nombreuses femmes et jeunes filles sont enlevées par les équipages de la flottille armée et fusillées à Mauves.
    En 1795, les hostilités reprennent après le traité de la Jaunaie et en juin 1796 le désarmement de presque tous les bateaux armés est ordonné.


La fonderie d'Indret

    Une des missions de ces canonnières, en aval de Nantes, est de protéger la fonderie de canons d'Indret.
    L'île d'Indret est acquise par Louis XIII en 1642 pour y construire des navires. En 1777, M. de Sartines, ministre de la Marine de Louis XVI, projette d'y créer une fonderie de canons en fonte. Les travaux puis la direction sont confiés à l'ingénieur anglais WILKINSON. En 1781, cette «fonderie royale» est dirigée par M. de WENDEL qui crée à la même époque l'usine du Creusot pour desservir Indret en fonte.
    En 1793, l'administration du département, afin de protéger cette industrie vitale pour l'armée républicaine, fait occuper le château d'Aux (ou château de la Hibaudière) situé près de la fonderie, par 500 hommes et le bourg de St-Jean de Boiseau par 200 hommes; cette protection est complétée par les bateaux armés qui croisent en Loire et par de l'artillerie sur les hauteurs de Basse-Indre.
    Les insurgés commandés par PAJOT puis LA CATHELINIERE attaquent le château d'Aux pour s'emparer ensuite des canons et des armes de la fonderie, mais sans succès.


Un certain HUGO

    En septembre 1793, arrivent des soldats du Bas-Rhin avec un jeune adjudant-major, Léopold HUGO, le futur père du célèbre écrivain Victor HUGO; la garnison du château est alors portée à 1500 hommes. Les communes voisines restent longtemps aux mains de l'insurrection et en mars 1794, 209 habitants de Bouguenais sont fusillés dans le parc du château.

    Les canons d'Indret ont été très convoités par les insurgés, mais la protection était telle que ceux-ci n'ont jamais réussi dans leurs tentatives.

Les bateaux armés en aval de Nantes

 


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