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CHARETTE François-Athanase
(1763-1796)
Le chevalier CHARETTE de la CONTRIE, officier de marine, combat en Amérique avant de venir s'installer dans la propriété de sa femme à Fonteclose, près de Machecoul.
Après avoir émigré, il revient défendre le roi aux Tuileries le 10 août 1792. Il en échappe en se saisissant d'un membre arraché à un garde suisse qu'il tend comme un trophée...Il rabroue les paysans venus le chercher dans son manoir de Fonteclose le 14 mars 1793 après les violences auxquelles ils se sont livrés, mais il finit par accepter de prendre leur tête. Avec ses «Paydrets et Maraîchins», il s'illustre par la prise de Pornic, de Challans, mais ses hommes sont souvent indisciplinés et tentent même de fuir lors de la bataille de Torfou.
CHARETTE est un personnage très controversé. On lui reproche notamment de combattre seul, sans aider la Grande Armée Catholique et Royale qu'il ne soutient pas, par exemple à Cholet; il préfère se lancer à l'assaut de Noirmoutier. CHARETTE n'accompagne pas non plus la triste Virée de Galerne dont il avait, à juste titre, dénoncé à l'avance l'inanité.
Après le massacre de Savenay (23 décembre 1793) et malgré les Colonnes Infernales qui dévastent la Vendée, CHARETTE maintient en haleine les troupes républicaines grâce à des opérations de guerilla. Tantôt il est à la tête d'une armée de10 000 hommes, tantôt il erre avec une poignée de fidèles au milieu des bois.
Ce général catholique surprend par son goût pour les fêtes et les bals qu'il organise notamment au Bois Chevalier, près de Legé, où la rumeur publique prétend qu'il entretient une véritable cour d'amazones.CHARETTE surprend aussi lorsqu'il accepte de reconnaître la République en signant le Traité de pacification de la Jaunaie (17 février 1795). Est-ce un stratagème pour refaire ses forces ou les thermidoriens lui ont-ils promis, comme il le prétend, de lui remettre le petit Louis XVII? La paix momentanément rétablie, CHARETTE est accueilli en triomphe à Nantes.
Pourtant, il reprend les combats lorsqu'il apprend la mort de Louis XVII au Temple et le prochain débarquement anglo-royaliste à Quiberon. Louis XVII lui attribue la titre de «Généralissime de l'Armée Catholique et Royale».Mais ce n'est plus qu'un combat sans espoir puisque le débarquement échoue et que le comte d'Artois ne vient pas en Vendée prendre la tête des paysans, d'autant plus las des combats que la liberté de culte est rétablie.
HOCHE fait poursuivre inlassablement CHARETTE qui est finalement saisi à la Chabotterie par TRAVOT.
Jugé à Nantes, dans la prison du Bouffay, CHARETTE est fusillé sur cette place des Agriculteurs (place Viarme actuelle) où trois ans plus tôt la blessure mortelle infligée à CATHELINEAU donnait le signal de la débandade des troupes catholiques. CHARETTE meurt avec panache le 29 mars 1796, refusant d'avoir les yeux bandés et donnant lui-même le signal du tir.
NAPOLÉON dira: «Charette me laisse l'impression d'un grand caractère. Il laisse percer du génie».
Sa mort, un mois après celle de STOFFLET, marque la fin de la Grand'Guerre de Vendée qui dura de 1793 à 1796.Plus tard, en 1832, la duchesse de Berry, mère d'Henri V, héritier «légitime» de Charles X, tente de soulever la Vendée contre Louis-Philippe. Elle échoue.
Pour faire oublier aux Vendéens la goût de la révolte, Louis-Philippe prend des mesures efficaces; il décide notamment de faire détruire la statue de CHARETTE élevée à Legé. Il voulait ainsi que disparaisse le souvenir de ce chevalier au grand coeur, décidé à tout sacrifier à ses idées, le plus coriace des généraux royalistes. Le plus critiqué aussi, car CHARETTE n'était pas sans défaut : c'est peut-être ce qui le rend plus humain et par conséquent plus attachant.
Jean AOUSTIN Professeur au Lycée Guist'hau - Nantes
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