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L'EXÉCUTION
Cette nuit là, Nantes ne dormit pas. Tous ses habitants la passèrent en prières, qui dans les églises qui restèrent illuminées toute la nuit, qui en groupe sur les places publiques, qui en famille dans chaque foyer. Chacun sentait plus ou moins clairement la dimension surnaturelle du drame qui venait de se jouer.
A 9 heures, la procession sort de la cathédrale, l'évêque en tête, mitré et crosse d'or en mains.
Suit tout le clergé, puis le Duc de Bretagne et ses dignitaires, puis le peuple dont la masse grossit d'instant en instant au confluent de chaque rue.
Et enfin, Gilles et ses deux valets entourés d'hommes d'armes. Et cette masse humaine chante cantique sur cantique avec ferveur.
En esthète qu'il fut toujours, Gilles a savouré profondément ces derniers instants de sa vie terrestre.
Dans sa foi profonde et naïve, Gilles pardonné, absout, libéré de ses démons, l'âme en paix, sûr de son salut, certain d'être au Paradis dans quelques heures, Gilles s'abandonne au bonheur d'occuper la place principale dans l'apothéose dont il a été lui même l'ordonnateur.
Accompagné de tout un peuple hors de lui-même, le condamné prend figure de victime expiatoire des pêchés de tous.
Sans doute est-il heureux, pleinement heureux, pour la première fois de sa vie.
Sa sérénité frappe chacun, surtout par contraste avec l'affaissement des deux valets qui l'accompagnent.
Arrivé au pied des trois potences, dans les prairies de l'île de Biesse, Gilles adresse à ses deux compagnons quelques paroles et celles-ci doivent être si belles, si réconfortantes, qu'on voit les deux misérables se redresser, le visage rayonnant, et se diriger d'un pas ferme vers leurs gibets.Gilles, d'une voix forte, demande une dernière fois à la foule de prier pour lui et celle-ci, se jetant à genoux commence à implorer le Ciel en faveur du condamné.
Il fait alors signe au bourreau et son corps commence à se balancer au dessus du brasier qui prend de la force.
Ainsi finit, à l'issue l'une mise en scène grandiose dont il avait été lui-même l'instigateur, l'acteur et le spectateur comblé, Gilles de Rais, ci-devant un des plus riches, des plus glorieux et des plus grands seigneurs de France avant de devenir le plus monstrueux criminel de tous les temps, pour finir presque en odeur de sainteté.
Pour qu'ils n'oublient jamais ce prodigieux évènement, tous les enfants de Nantes reçurent le fouet ce jour-là.
Mais le peuple, bouleversé, secoué jusqu'au fond de lui-même avait été frappé d'une chose: trois gibets, le personnage principal au milieu... eh bien oui! Le rapprochement sacrilège avait été fait par beaucoup et devait rester dans l'inconscient collectif du Pays de Nantes.
Gilles de Rais n'a pas laissé un souvenir odieux sauf en quelques endroits (Pouzauges, Tiffauges) où le souvenir de ses forfaits est demeuré vivace. Des sociétés se placent sous son invocation et notamment la plus active société sportive de Machecoul.
Perrault, s'inspirera des souvenirs populaires pour camper son Barbe-Bleue.
Les principaux châteaux de Gilles furent démantelés par la suite : Champtocé, Tiffauges, Machecoul qui virent tant d'horreurs ne sont plus que ruines.Prélati, grâce à son habileté florentine, se tira fort bien d'affaire mais fut exécuté quelques années plus tard pour d'autres méfaits.
L'horrible Meffraye était morte dans sa prison.

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Le compagnon de Jeanne | 13 | Le Satanisme | ||
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Avertissement |
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Le grand seigneur fastueux | 14 | Le déclic final | ||
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L'ascendance |
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Le tueur d'enfants | 15 | Hallali | ||
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4
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La naissance et l'enfance |
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La magie | 16 | Le procès | ||
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5
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Adolescence et mariage |
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La gloire | 17 | L'exécution | ||
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6
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Le guerrier |
12
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Prodromes de la chute | 18 | Bibliographie |
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