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| La fileuse était vêtue d’un large tablier, car des poussières tombaient de la filasse. Elle engageait le pied de sa quenouille dans sa ceinture, une ganse épinglée à la bavette ou au corsage en fixait la hampe qui était presque verticale (inclinée légèrement en avant et à gauche). |
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De la main
gauche elle tirait de sa quenouille de fines mèches qui allongeaient
le fil fixé au fuseau. Le fil engagé dans la gorge hélicoïdale
de la tille (pointe
du fuseau) s’appuyait sur le pouce droit; l’index droit imprimait au fuseau
un mouvement tournant qui enroulait le fil. La main droite se rapprochait
de la quenouille (flexion du bras).
La main gauche tirait alors une nouvelle pincée de filasse le bras droit s’étendait, et le mouvement se répétait ainsi environ deux fois par minute. Une fileuse produisait quelque cinquante mètres de fil à l’heure. |
Vers le 13ème siècle vint d'orient, avec les croisades, l'invention du rouet qui mécanisait la rotation du fuseau et qui fut appliquée aussi bien à la filature de la laine qu'à celle du chanvre ou du lin. Les écheveaux de fil étaient ensuite formés à l'aide d'une sorte de moulinet à 4 bras que l'on appelait "traouail" (voir dessins plus bas) au Pays de Retz.
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Avant la guerre 1914-1918 la culture du lin était encore importante dans notre région. Il était semé de début novembre à fin février, et sa fleur bleu pastel ornait nos champs en mai-juin. |
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En juin-juillet on procédait à l’arrachage, et avec quelques brins on le liait en bottes maintenues debout pour le séchage. |
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Une fois bien sec,
on l’égrenait à la groge:
peigne aux grandes dents de fer verticales. On y frappait les têtes
de la plante pour en séparer les graines.
Ensuite on procédait au rouissage: les tiges rassemblées en bottes étaient mises à tremper dans un ruisseau ou un trou d’eau (trou à lin) pendant une quinzaine de jours afin d’en faire pourrir l’écorce; puis on le séchait et on l’engrangeait. |
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L’hiver on séparait l’écorce des fibres en brisant les tiges dans les mâchoires d’une braille (ou broie). Les fibres étaient alors mises à bouillir avec des cendres de bois, rincées, séchées et groupées en écheveaux. |
Venait le temps du cardage: on isolait la filasse qui était mise en quenouilles pour faire du bon fil. Le déchet, l’étoupe, était mélangé à de vieilles laines et à de la charpie: on en faisait un tissu appelé droguet.
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